mercredi 15 octobre 2008

J'aurais voulu être un homme

Simplement pour le plaisir d'aller acheter des chemises, un pantalon de costume et la veste qui va avec. Le dégout que j'ai pour le shopping disparaitrait avec mon deuxieme chromosome X, même si c'est paradoxal.
Aujourd'hui, il suffit d'une chemise pour devenir un tant soit peu présentable. C'est une idée qui s'impose aux gènes des filles ; Ces dernieres faisant tres rapidement l'association : chemise => ghhh.
Quand une fille doit gacher des heures pour se rendre désirable, une chemise blanche est censée et suffit a rendre un beauf digne d'un peu plus d'attention. Et le Saint graal, c'est l'endroit où se rendent ceux qui l'ont compris :


Une boutique d'homme. Rien de plus feutré que ça.
Non, je ne parle pas de Jules. Je ne pensais pas à Jules, en fait. Ce magasin n'est qu'une sorte de Jenifer supportable parce qu'on n'y vend pas de leggings roses mais des substituts de chemises pour jeunes. Ou des boxers.


Les petites putes de vendeuses attardées ne se trouvent pas dans les magasins pour hommes. Et c'est logique puisqu'il n'y a aucun rapport entre une mini jupe vulgaire doublée d'un rire suraïgu et ce lieu de classe ultime.


Beuh.

( Bon, d'accord, peut etre un peu poussé, le billard. )



A la limite, on pourrait tomber sur un jeune homme effeminé, mais pas plus. On marche sur de la moquette, du parquet, tout est rangé, calme, parfait. Les chemises sont plissées, silencieuses, identiques pour la forme, discretes pour le fond. Tout est sobre et quasiment silencieux. Tout est masculin. Je me sens enfin transparente, tous les bruits sont comme assourdis par les vestes en velours sombre et les etageres en bois.


Les hommes qui viennent ici ne se précipitent pas mais ils sont rapides. Ils ne s'arracheront pas d'habits entre eux pour une réduction. Ils choisissent, essayent, achètent. Méticuleux, et parfois mal à l'aise quand on les accompagne. Enfin de l'efficacité, je suis presque obligée de penser qu'au final, c'est vrai. Chemise, => ghh. Volupté, Classe et Virilité.

Il y a peut etre un jeune marié, peut etre un commercial en déroute, peut etre un vieux prof d'histoire géo qui a besoin d'une nouvelle veste vers-de-gris, mais il y a forcement aussi un jeune homme classe.


Les vêtements pour Hommes sont chers mais c'est sans doute l'effet qui rembourse. N'importe quel homme en chemise double sa capacité à plaire par deux. Quant a celui qui ose la veste, on se doit naturellement de l'épouser. Pas d'échappatoire possible pour le pauvre gars qui aimait porter des bretelles.




Ca ne marche qu'avec les gens qui existent. Non seulement cet individu est pixellisé, mais personne n'accepterait de porter un noeud papillon de cette taille dans la vraie vie ! Hugh Grant est juste un fantasme trop répandu : ce petit british ne sert malheureusement qu'a vendre des films stériles ou l'on pleurniche a la fin. Ce qui prouve bien combien le costume compte ( trouvez moi un film ou il se balade en jogging et vous détruirez cette démonstration éloquente. )

Seulement, porter une veste n'augmente pas le quotient intellectuel, evidement, pas plus que mettre une mini jupe et des bas. Porter la chemise ne rend pas toujours irrésistible. Ca interresse, ça interpelle, mais, comme a chaque fois quand il s'agit de séduire, il s'agit juste de tricher un peu mieux que d'habitude.

Le port du costume est juste une façon de s'identifier au canons de la beauté masculine, dans les pubs, au cinéma. Il donne une image de type classe, sinon cultivé, avec un leger accent anglais et un humour foudroyant doublé d'un peu de cynisme, d'un peu de timidité pour l'originalité.








That's it. Ce qui s'approche le plus d'une perfection masculine, derriere laquelle nous sommes censées courrir. Si je regrette que peu de jeunes hommes pratiquent encore la chemise, c'est parce qu'a leur place je ne m'en priverait pas. Simple, Immédiat, "Imiter le type parfait sur lesquel les filles bavent" pour les Nuls. Les filles sont décidement d'une simplicité déplorable.

Et si je préfère la chemise aux canons féminins auxquels je dois, moi, m'adapter, c'est parce qu'une jupe et un décolté n'ont pas la même connotation. Ils veulent juste dire "poutrable" ( ce qui n'éleve pas non plus les hommes à un niveau remarquable.)

Nous sommes tentés parce qu'harcelés par ce joli modèle. Mais une chemise toute seule n'attire pas grand monde. C'est pour ça que j'aime les magasins de vêtements pour Hommes. Parce qu'ils restent impersonnels, encore neutres. Les chemises ne sont pas encore des armes de séduction, ni des outils de travail. Elles attirent ma curiosité de fille qui les avait alors toujours vus comme un atout de quelqu'un, jamais comme un objet a part entiere.
L'existence précède l'essence, même chez Calvin Klein.

Même si j'avais tenté de me persuader du contraire, c'est bien celui qui porte le col qui m'interresse. Les filles sont vraiment, vraiment d'une simplicité déplorable.